Du 4 au 6 septembre 2026, le siège de la FAO accueille le 3ᵉ Sommet mondial de la pêche artisanale. Les mouvements de pêcheurs artisanaux et de peuples autochtones du monde entier y sont réunis… et nous relayons leur message pour faire entendre leur voix !

Un sommet organisé par et pour les pêcheurs
Pendant trois jours, pêcheurs et pêcheuses artisanaux, travailleurs de la filière, représentants de peuples autochtones, gouvernements, organisations de la société civile et chercheurs se retrouvent à Rome pour le SSF Summit 2026 (Small-Scale Fisheries Summit). Après les éditions de 2022 et 2024, ce troisième sommet a un objectif clair : faire avancer la mise en œuvre des Directives volontaires visant à assurer la durabilité de la pêche artisanale, adoptées par la FAO en 2014.
Ce qui distingue ce rendez-vous des grandes conférences internationales, c’est sa méthode. Les thématiques du sommet ont été définies par un processus de consultation piloté par le Groupe de travail sur la pêche du Comité international de planification pour la souveraineté alimentaire (IPC), avec en première ligne les organisations qui représentent les pêcheurs artisanaux aux niveaux régional et mondial. Comme lors des éditions précédentes, la majorité des participants sont des représentants de communautés de pêche, avec une attention particulière portée à la représentation des femmes, des jeunes et des peuples autochtones. Les délégations gouvernementales, elles, ne rejoignent les débats qu’à partir du deuxième jour.
Le comité d’organisation réunit la FAO, le Groupe de travail sur la pêche de l’IPC, SwedBio – secrétariat par intérim du Cadre stratégique mondial en soutien aux Directives – et le Collectif international d’appui aux travailleurs de la pêche (ICSF).
Le sommet se tient immédiatement avant la 37ᵉ session du Comité des pêches de la FAO (COFI), l’instance intergouvernementale où se discutent les grandes orientations mondiales en matière de pêche et d’aquaculture. Ce n’est pas un hasard : en se réunissant en amont, les mouvements de pêcheurs artisanaux construisent des positions communes et arrivent au COFI avec un message unifié à porter face aux États.Présentation
Les enjeux portés par les mouvements
Les défis que ces communautés mettent sur la table sont nombreux : pratiques de pêche industrielle destructrices, changement climatique, pollution des eaux liée aux activités extractives, développement d’infrastructures à grande échelle, accaparement des espaces marins et côtiers, privatisation des ressources dont elles dépendent. Derrière le vocabulaire séduisant de « l’économie bleue », les pêcheurs artisanaux dénoncent des politiques élaborées sans eux, qui ignorent leurs savoirs ancestraux, leurs droits fonciers coutumiers et leur lien avec les écosystèmes dont ils font partie.
Pourtant, la pêche artisanale nourrit des centaines de millions de personnes, fait vivre des communautés côtières et continentales entières et repose sur des pratiques bien moins destructrices que la pêche industrielle. Les mouvements réunis à Rome le rappellent : les marchés locaux, la production alimentaire à petite échelle et le respect des droits humains et environnementaux doivent être au cœur de toute action politique et réglementaire.
Une mobilisation mondiale
Parmi les organisations présentes : le Forum mondial des pêcheurs et travailleurs de la pêche (WFF), le Forum mondial des peuples pêcheurs (WFFP), l’International Indian Treaty Council (IITC), La Via Campesina, la Confédération africaine des organisations professionnelles de la pêche artisanale (CAOPA), Low Impact Fishers of Europe (LIFE), l’ICSF, SwedBio et Masifundise Development Trust. De l’Afrique de l’Ouest à l’Europe, des Amériques à l’Asie, ces réseaux incarnent une même conviction : la souveraineté alimentaire passe aussi par la mer, les fleuves et les lacs.
L’Université Internationale Terre Citoyenne relaye leur message pour faire entendre leur voix à Rome, et bien au-delà.
Pour en savoir plus : SSF Summit 2026 – FAO · IPC – Groupe de travail sur la pêche

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